YVES SAINT LAURENT: LA LECON D’ELEGANCE
Cats: - l'Editorial de THIERRY CARDOT| 3 Comments »Somptueuse exposition au Petit Palais, sobrement baptisée YVES, la rétrospective d’une vie de travail qui débouche sur une incomparable démonstration de style. “Les modes passent, le style demeure” a dit Saint Laurent et l’exposition en est la plus éclatante illustration avec, à la clé, une mosernité de ces vêteme,ts qui tous pourraient être portés aujourd’hui. Le parcours commence avec les années Dior du tout jeune homme déjà aux sommet de l’art de la couture. On passe aux sources de son univers et à l’évovation de son panthéon personnel du style précisément. Pêle-mêle, Marilyn, Goya, Visconti, Callas, Ingres, Arletty…
L’accent est mis ensuite sur la création d’un nouveau genre, empruntant aux hommes le costume, la saharienne, le blouson, le caban. C’est là le génie de Saint Laurent: épurer le v^tement et en faire des tenues paratiques en même temps que le manifeste d’une grande élégance.
C’est à juste titre que l’on peut parler d’une nouvelle séduction. C’est là q’intervient la véritable révolution de Saint Laurent: son prçet-à-porter “Rive Gauche”, premier vrai prçet-à-porter de luxe qui invente les “separates”, ces pièces qui permettent de mélanger une veste avec un jean. De là un succès planétaire et la naissance d’une légende dont beaucoup de femmes peuvent d’offrir une part, en toute modernité se constittuant un vestiaire de nouveaux basiques chics.
Puis vient la féerie des exotismes dont ce voyageur immobile fut un transcripteur hors-pair: la Chine, L’Inde, la Russie, l’Afrique et bien sûr toujours le Maroc et son cher Marrakech. Le tour de force vient qu’il s’agit toujours de v^tements et non de costumes pour une improbabvle ethnologie. Avec les robes inspirées des grands maîtres de l’Art, VanGogh, Matisse, Braque, Picasso, Mondrian voici un nouveau registre, lemrent par l’élégance des grands thèmes de son musée imaginaire.
Il est intéressant de voir les robes de certaines grandes clientes comme Marie-Hélène de Rothschild, Nan Kempner, la duchesse de Windsor, Françoise Giroux, la comtessse de Ribes et bien sûr, avec un espace spécialement dédié, Catherine Deneuve autour de la célèbre robe de Belle de Jour.On en arrive au grand bal de la couture avec une soixantaine de tenues de grand soir, époustouflant tableau d’un monde en voie de disparition. En regard, présentés sur fond noir les rendant peu lisibles les différentes versions du fameux smoking, jamais aussi élégant que dans sa version la plus originelle.
Au terme de ce voyage à tavers quarante ans de travail, Yves Saint Laurent apparaît comme le maître du style;, l’incarnation du sens de l’élégnace. Mesure, équilibre, recherche du beau se reconnaissent entre mille. Yves Saint Laurent, contrairement à la doxa soigneusement et savamment entretenue n’est pas un créateur révolutionnaire. Patou et Chanel, par exemple avaient mis en valeur le pantalon dès les années trente. Son mérite est d’avoir senti son époque mûre pour adopter les audaces portées jusque là par quelques-unes.
Son oeuvre, par sa variété et son foisonnement demeure irremplaçable. THIERRY CARDOT



